1974 Genesis, Fly on a winshield/Broadway melody of 1974
« On n’a jamais voulu l‘admettre parce que c’est un groupe trop abominable mais on a piqué des trucs à Genesis ». Thom Yorke (Radiohead) Avant de parler de The Lamb Lies down on Broadway je voudrai mettre au clair certaines choses. Il ne s’agit pas de la première œuvre solo de Peter Gabriel, si on lui doit les paroles, la musique, cette fabuleuse musique est l’œuvre de Banks, Rutherford, Hackett et Collins. Certains critiques ne supportant pas d’apprécier un disque de Genesis ont choisi d’en accorder la paternité au seul Peter Gabriel dont la carrière dans l’ensemble reste bien plus fréquentable que ces musiciens qui après avoir sévis dans la pire pompe progressive vont céder à la médiocrité commercial. Vous aurez décelé l’ironie dans mes propos car Genesis dans l’ensemble de sa carrière est et restera un PUTAIN DE GROUPE ! Voilà ça c’est fait.
Bon après un interlude rempli de frustration et de haine, parlons musique. Je n’avais pas encore eu de tel dilemme que celui que je viens de rencontrer dans le choix d’une chanson. The Lamb Lies Down on Broadway est d’une telle richesse, d’une telle variété et composé de tels morceaux qu’il m’a fallu une nuit, 2 pack deux bières et 37 cigarettes pour faire mon choix. Pour arranger le tout c’est bien entendu un double album concept. The Lamia, in the cage, anyway, The Chamber of 32 doors ou encore Carpet Crawlers sont les victimes de ce cruel écrémage dont il ne reste que le dytique Fly on a Winshield/Broadway Melody of 1974. Le tout commence dans une atmosphère tourbillonnante ou Gabriel pose son chant faisant monter la pression avant l’explosion… L’oxygène de l’air est totalement aspiré coupant littéralement le souffle de l’auditeur. Le son des accords de mellotron et des notes de guitares paraissent datés mais dégagent une modernité étonnante. La suite du morceau s’achève sur un riff syncopé qui sera maintes et maintes fois copiés par la suite (écouter Even Less de Porcupine Tree). Par-dessus tout ça Peter Gabriel nous sert des incantations hallucinantes où son timbre soul fait des merveilles. On peut déjà parler de flow tant son chant est décalé et en avance sur son temps.
Cet album il est vrai restera unique dans la discographie de Genesis aussi bien sur le fond que sur la forme, Peter Gabriel quittera l’histoire peu après. Phil Collins reprendra le micro brillamment et le groupe continuera de sortir des disques superbes (Duke) et parfois moins superbe (We can’t Dance).
